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TIRTA SARI
ON THE ROAD





Travel over the News


         Arrivés en soirée à Candidasa, nous avons passé le portillon de bois de la villa Sanu comme si l'on franchissait la porte des étoiles. À l'extérieur, il y avait une forêt de bananiers traversée par un labyrinthe de chemins de terre qui descendaient jusqu'à l'océan. Beaucoup de détritus. Des cochons, énormes. Pour des raisons d'hygiène qui se vérifiaient ici, nous ne consommions pas de porc à Bali.


         Le portillon s'ouvrait vers un diamant de confort auquel nous n'étions pas accoutumés. L'hiver en France réchauffait les soirées au poêle à bois, ici c'était les derniers rayons du soleil. Ce soir là, ils avaient illuminé le superflu pour en faire un éclat de fortune.



         Voyager au bout du monde sans accompagnement impliquait une vigilance constante. Surtout avec un enfant. La sécurité, l'eau, l'alimentation, les piqures de moustiques, l'éventuelle présence de serpents, la morsure du soleil... Les réservations, les transports, le budget, le change de monnaies et les moyens de paiement, la gestion du temps et de l'itinéraire. La communication... Pff.... Le vol international de retour séparé par un vol local dépendant de l'humeur d'un volcan. Et puis en voile de fond, la pensée qu'une catastrophe naturelle peut se produire à tout moment. Bref, ce n'était pas de tout repos. Comme le ciel, nous tombions, mais nous c'était de sommeil. La pluie avait accompagné la nuit, j'avais noirci d'encre les idées photographiées puis je m'étais laissée tomber.

Étoile, Tu sais si bien te taire que je mentais aussi.


         Tu sais, la couleur du ciel annonce celle des journées. Levant les yeux vers lui, je lui avais dit : Alors, qu'as-tu à nous dire aujourd'hui ? Il avait plu. Mais je ne te parle pas là de la pluie de Paris, ni de celle de Normandie. Ce fut le ciel tout entier qui sembla s'écrouler. Un épais mur d'eau masquait le paysage que nul autre qu'un nuage ne pouvait assombrir. Lorsque la pluie s'est tue, nous sommes descendus jusqu'au bord de l'océan.

         Les couleurs du temps tourbillonnaient au-dessus du rivage, réfléchissaient la surface, parfois la griffaient et s'unissaient à de hautes vagues. Je me demandais de quelle tonalité se pareraient les nuages qui, dans quelques jours, accompagneraient notre traversée vers un îlot sauvage.



         Inquiète ? À 9 h, oui et non. À midi, oui mais non. À 15 h, Non, confiante finalement. Mensonge ? À minuit, non mais oui clin mais tu le sais, que la nuit ment songe clin. Nous avions peu dormi parce que lorsque nos yeux s'ouvraient, ce qu'ils voyaient, c'était trop beau pour dormir et qu'on ne voulait pas laisser la nuit mentir, ni d'ailleurs, partir.


         À ce stade de notre périple, j'avais perdu 90 % de ma tribu de "j'aime" sur Facebook en quelques "clics régimes" comme on perd les kilos en trop que l'on amasse en vacances clin. J'avançais du coup plus légère dans les jours qui nous séparaient de l'embarcadère.

Ma lente disparition de ce monde superficiel et pesant étant bien amorcée, j'allais la parachever avec un massage Balinais qui, appliqué avec art et talent à la villa Sanu, m'avait évaporée. L'âme habitée d'une insouciante désinvolture, je crois que j'ai poursuivi ce voyage en apesanteur.
Ancré dans la culture Balinaise, le massage est un rituel visant à reconstituer l’équilibre entre l’âme et le corps. La tradition veut que soit utilisé des huiles essentielles de fleurs de frangipaniers, de jasmin, de rose, de bois de santal et de ylang-ylang. Des sons chantant des parfums relaxant. Certaines fleurs ont des vertus médicinales. L‘écorce de frangipanier pilée avec de la chaux éteinte raffinée s'applique en boréh contre le mal de dos. Du riz, auquel est ajouté des clous de girofle et du arak soigneront le rhume, le gingembre peut remonter les tensions basses. Sucer du citron vert salé ou une potion de fleurs soignera la toux. les problèmes de peau et brûlures sont soignés avec la sève d'aloé véra. le clou de girofle soulage les maux de dents.

La villa Sanu appartenait à une amusante Australienne, Elen. Elle ne vivait pas à Bali et proposait cette demeure en location lors des saisons touristiques. Un couple de Balinais gérait à sa place cette petite entreprise au confort lucratif. Se trouvant à Bali pendant notre réservation, Elen avait tenu à nous rencontrer. Elle était arrivée dans la matinée avec un peu de retard et s'était excusée dans un français raffiné d'un accent.
"C'est because j'ai dansé une bonne partie de la nuit que je souis z'en letard, ma lon poullait tout aussi bien dire que j'ai dansé une mauvaise partie de l'ennui!", avait-elle dit en achevant sa phrase par un rire éclatant. Un médicament. Un remède contagieux qui me faisait poser ici chacun de mes maux. On m'avait bien dit que partir à Bali c'était partir en terre Happy clin. Elen reflétait parfaitement cela, elle était légère comme un courant d'air. Passant, inlassablement, d'un continent à l'autre depuis vingt ans, elle avait perdu beaucoup de poids et nous nous étions, ainsi, rencontrées en orbite dans une zone de bonne influence où toutes pensées obscures et déprimantes étaient bannies. Les pieds sur terre, la tête dans des nuées de précipitations atmosféeriques. Je crois que c’est comme ça, oui, que l’on s’est retrouvées assis sur le même nuage...

" And now, je vais letrouver mon conjoint", nous avait-elle dit, ... Bizarre quand même comme mot, CON JOINT, quelle étrange union de syllabes. langue

Son conjoint était Balinais, il se nommait Wayan... Nous avions croisé 3 Nyoman et 4 Wayan dans la matinée. Tous les hommes semblant porter le même prénom, je m'étais intérrogée... Les Balinais ont en fait un système bien à eux pour les prénoms des enfants. Pas de différence entre fille ou garçon, le nom que l’on reçoit correspond à l’ordre d’arrivée dans la famille. L’aîné s’appellera Wayan, le second Made, le troisième Nyoman et le dernier Ketut. Pour le cinquième et les suivants, s’il y en a, on recommence depuis le début avec Wayan.

Ce jour était celui de la crémation de la maman de Wayan. Il nous avait convié à lui dire au revoir et à immortaliser ce moment. À Bali, même la mort pose un drôle deuil sur la fin de la vie et faire des photos de ces instants n'est point indécent. Peut-être que lorsque le ciel s'effondre en pluies fréquentes, fortes et passagères, il cache les larmes des Hommes. Même le ciel sait fondre en larmes mais toujours le soleil les sèchent… En tout cas, ils étaient là, juste après la pluie, les sourires que les Balinais adressaient...
Wayan avait insisté pour que l'on filme sa maman pendant la cérémonie de crémation car, en fonction de ses actions le long de son existence, elle serait réincarnée vers une vie meilleure. C'est donc dans la joie qu'il la laissait s'en aller... À la fin de cette célébration, l'autel fut embrasé et Elen s'est envolée.
Elle me faisait penser à un oiseaux. Ailen, lumineuse tel un coli'brille était un présent de la vie. Elle s'était envolée au couchant du soleil pour aller embraser l'aurore.

         Concert, tôt, le matin, le ciel était un champ d’oiseaux… Ils relayaient les notes des geckos qui avaient chanté toute la nuit. Ils s'animaient chaque soir. Sur certaines personnes, les vibrations de ce son ont un effet relaxant. Il en existe plusieurs sortes. Le cecak kayu qui aime à parcourir le bois, le cecak gula qui se plait dans le sucre, le cecak batu qui lui penche pour la pierre. Ils font tous partie de la famille des Hemidactylus et ils ressemblent beaucoup aux tarentes du sud de la France, ils sont cousins. Dans tous les lieux où nous avions dormi, c'était les cecak kayu qui avaient berçé nos nuits. À la réunion ils se nomment margouillats.

J'avais délaissé le st’île eau noir au st’île host’île pour écrire au st’île eau claire... Notre étape à candidasa était un film au ralenti. Même les vaches qui semblaient être sur pause nous faisaient penser à des poireaux… Plantées dans leur champ, elles semblaient attendre quelque chose qui n’arriveraient jamais... Elles poireautaient au bord de la lenteur de l'écoulement d'un ruisseau, buvant parfois ses paroles et lui prêtant une oreille rebelle qui s'agitait lorsqu'un son singulier brisait la psalmodie de ses eaux ruisselantes, lentes.




Bali snorkeling




LA SAUVAGE ZONE

Bientôt dans les cent ciels

Préférant dealer avec la nature qu'avec les humains, elle a tout quitté pour vivre sur Gili Meno, un îlot d'indonésie à la faveur des volcans. Pour échapper aux séismes et aux tsunamis, une cabane dans un cocotier. Les oiseaux sont sa musique, et danse, sa sauvage zone.

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